Mon Jura

Le Jura vu par un Jurassien
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 La Fée Verte - La route de l'absinthe - 8 mai 2012

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Loup Blanc
Administrateur
avatar

Masculin Lion
Messages : 924
Age : 71
Lieu : Saint-Claude (Jura)
Inscription : 31/05/2006

MessageSujet: La Fée Verte - La route de l'absinthe - 8 mai 2012   Mar 8 Mai 2012 - 10:18

Bonjour,

En Bretagne, dans la forêt de Brocéliande la fée Mélusine avait élu domicile.

En Franche Comté, la Fée Verte avant de se transporter à Pontarlier est née en Suisse, à quelques pas de la frontière dans le Val de Travers, canton de Neuchatel. C'est une véritable culture transfrontalière qui préside toujours à la naissance, à la dégustation et à la diffusion de l'absinthe dans le monde entier.




Une fontaine à absinthe.
Photo © René JV réalisée à l'exposition sur l'absitnthe au musée municipal de Pontarlier

Qu'est-ce que l'absinthe? C'est une boisson obtenue par distillation de nombreuses plantes aromatiques dont la principale est l'armoise ou grande absinthe à laquelle on mélange: de la petite absinthe, du fenouil, de la mélisse, de la bourache, des clous de girofle, de l'anis vert, de la menthe: jusqu'à une vingtaine de plantes différentes suivant les recettes, récoltées dans les champs,





Photos © Rémy JV réalisées à l'exposition sur l'absitnthe au musée municipal de Pontarlier


puis sèchées dans des sèchoirs comme celui de Boveresse dans le Val de Travers.


Mais l'absitnhe a une longue histoire.
L'antiquité romaine, greque mais aussi égyptienne lui reconnaissait des vertus thérapeuthiques. Au Moyen Age et à la Renaissance on l'utilisait pour soigner différentes affections. Mais il ne s'agissait que des plantes et non de la liqueur.



Photo © Rémy JV réalisée à l'exposition sur l'absinthe au musée municipal de Pontarlier

C'est à la fin du XVIII siècle, vers 1770, dans le Val de Travers, qu' Henriette Henriod dite "la Mère Henriod" inventa une des toutes premières recettes du breuvage obtenu par macération puis distillation. et c'est au début du XIX siècle, en 1805 que le produit apparait à Pontarlier grace à la famille Pernod qui y créa une distillerie profitant des droits sur l'alcool moins élevés en France qu'en Suisse.
Bien que déjà synonyme de poison dans l'Apocalypse selon St Jean, l'absinthe devient un breuvage maudit. L'armoise contient une cétone de formule C10 H16 O appelée thuyone. Agissant sur le système nerveux, c'est la principale responsable de la toxicité de l'absinthe.
Ascenseur pour des paradis artificiels ou pourvoyeur d'asiles d'aliénés comme l'hôpital Ste Anne à Paris l'absinthe est présente dans les oeuvres de nombreux artistes, poêtes ou peintres tels Verleine, mais aussi Degas, Van Gogh, Picasso, Manet et bien d'autres.




A la fin du xix siècle, l'absinthe s'exporte partout dans le monde, dans les colonies françaises d'Algérie, d'Indochine, de Madagascar, d'Afrique, de Tahiti mais aussi à La Nouvelle Orléans, en Amérique du Sud. L'absinthe est partout, dans tous les cafés, dans toutes les brasseries; il s'en consomme des centaines de milliers d'hectolitres produits par plusieurs dizaines de distilleries dans toute la région de production à cheval sur la frontière.




La situation sanitaire se dégrade, Zola écrit l'assomoir et y montre les méfaits du délirium tremens, l'alcoolisme gagne de nombreuses couches de la population. Des savants comme Louis Pasteur s'en émeuvent...






Photos © Rémy JV réalisées à l'exposition sur l'absitnthe au musée municipal de Pontarlier

Et ce qui devait arriver arriva, d'abord interdite en Suisse dès le 7 août 1908, puis en France le 17 août 1914, l'absinthe devint un produit complètement prohibé.




Et c'est la fin d'une époque ...




Photos © Rémy JV réalisées à l'exposition sur l'absitnthe au musée municipal de Pontarlier

Dans les deux pays, les alambics n'ont jamais complètement refroidi. Officiellement on distille des anisés comme le Pontarlier qui est un appéritif très proche des pastis du sud, mais on distille aussi une autre plante régionale, la gentiane, et à quelques pas, en Haute Saône on extrait des eaux de vie de fruits; Mirabelle, Poire, Kirsch etc. La tradition se perpétue. Clandestinement, on a jamais oublié l'armoise et son absinthe.


En 1988, sous la pression d'études qui établissent des taux de thuyone admissibles, un décret signé Michel Rocard autorise la présence d'huile essentielle d'absinthe dans les boissons.
Le 17 décembre 2010, le parlement français abroge la loi d'interdiction de 1915; le mot absinthe est réhabilité en France.


La France rappelle l'absinthe par son nom et arrose la Suisse
© Le Nouvel Observateur Pauline Grand d Esnon | Etudiante en journalisme

Ça y est, le célèbre breuvage vert aux effluves de plantes est réhabilité. La loi de 1915 qui interdisait aux producteurs français d’employer le nom « absinthe » a été abrogée mercredi et jeudi par le Parlement.
La « fée verte » fait pourtant son retour sur le marché français en 1999. Mais en tant que « spiritueux aromatisé à la plante d’absinthe » ; toujours en vigueur, la loi du 16 mars 1915 sur l’interdiction de l’absinthe en proscrit l’appellation. A l’époque, cette disposition voulait lutter contre le fléau social de l’alcoolisme. (Voir l’affiche de Frédéric Christol, au début du XXe siècle)
Assemblée nationale et Sénat ont donc mis fin à une hypocrisie, jeudi, en abrogeant, dans le cadre de la loi de simplification et amélioration de la qualité du droit, à l’article 136, cet interdit – condamné depuis mi-décembre.

La Suisse, contre Degas et Zola

Comme l’expliquait sur Rue89 Clément Arnoux, du webzine La Gazette de l’absinthe, les distillateurs d’absinthe du Val-de-Travers, en Suisse, ont demandé, en 2009, une indication géographique protégée sur le nom « absinthe » – ce qui ferait du breuvage, un produit officiel du Val-de-Travers.
La France, qui a mal à son Degas et à son Zola, décide donc de rétablir l’appellation « absinthe », mais pas la recette originelle, très toxique ; en cause : la thuyone, molécule foudroyante pour le cerveau et les reins.
La composition de l’absinthe a donc été strictement encadrée, au risque de compromettre son aura rock de boisson hallucinogène. Marie-Claude Delahaye, historienne et fondatrice du musée de l’Absinthe, déboulonne le mythe :
«Un décret européen de 1988 a limité la thuyone à 35mg/L. Et l’absinthe est maintenue à des taux entre 45° et 72°. »


Alors, aujourd'hui ...

Si bon nombre d'entre vous ne connaissez pas ce breuvage, il est probable qu'une majorité en connaisse l'odeur car c'est celle du fameux " Vicks Vaporub" utilisé pour déboucher les nez enrhumés. Pour en connaitre d'avantage, suivez-moi sur la route de l'absinthe.


Il est de bon ton pour vérifier et approfondir vos connaissances sur la fée verte de commencer par le Musée municipal de Pontarlier dans le Doubs


où plusieurs salles lui sont consacrées.





Je voudrais remercier ici Mme la Conservatrice de ce musée qui a autorisé les prises de vues qui illustrent ce sujet.

Prenons maintenant la route.


Dominée par le Fort de Joux, à trois kilomètres de Pontarlier, à La Cluse et Mijoux, la distillerie Pernot va complèter nos connaissances.


Tout d'abord la fabrication.
Nous avons vu que des plantes sont cueillies puis sèchées et enfin mélangées suivant des recettes jalousement préservées.


C'est alors que survient la distillation dans les alambics en cuivre, centenaires mais toujours vaillants.




Laissons agir la magie de l'eau froide et du feu ...




et à la fin de cette alchimie au cours de laquelle nous retiendrons que l'on n'utilise pas la tête de cuvée, trop riche en alcool ni la queue de distillation trop pauvre. On stockera le distillat obtenue au coeur de l'opération et on l'étendra d'un peu d'eau pure pour lui donner un titre en alcool acceptable par nos estomacs de 45 à 70°.


Je suis maintenant impatient de goûter. Mais une absinthe, ça se mérite, ça ne se boit pas à la sauvette.
Tout d'abord il vous faut une verre à absinthe muni de ses repères gravés pour les niveaux d'alcool et d'eau.


instant crucial, il faut déterminer le type d'absinthe que vous souhaitez déguster;


puis il faudra choisir votre cuillère sur laquelle déposer un peit morceau de sucre;


et enfin de la fontaine sourdra goute à goute un peu d'eau glacée qui dissoudra le sucre dans l'alccol qui, à son tour; se troublera peu à peu jusqu'à sa belle couleur verte.






Vous êtes prêt à vous lancer sur les pas de Verleine ou de Degas. Sachez toutefois consommer avec modération.



René JV les 8 et 9 mai 2012 pour monjura.actifforum.com
Photos: © René JV - 7 mai 2012
Photos: © Rémy JV - 7 mai 2012
mp3: Shostakovich - Romance.



Pour me faire part de vos observations, envoyez-moi un courriel à l’adresse ci-dessous

contact@lataniere39.com

sm9


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://monjura.actifforum.com
 
La Fée Verte - La route de l'absinthe - 8 mai 2012
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La route du Douro
» Accident de la route Trois touristes québécois morts à Cuba
» GAO PERDU dans le bas rhin (ALSACE 67)
» problème algues verte filamenteuse
» remise en route de mon 120l

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mon Jura :: A la découverte du Massif :: Tourisme blanc, tourisme vert-
Sauter vers: