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 La légende de La Vouivre

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Loup Blanc
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MessageSujet: La légende de La Vouivre   Ven 1 Sep 2006 - 10:52

Bonjour,

La Vouivre

Dessin © la-vouivre.ch

La Vouivre est peut-être la plus célèbre des légendes de Franche-Comté Elle est mentionnée dans tous les ouvrages des folkloristes comtois, qui attestent qu’elle était au XIXe siècle fortement ancrée dans les croyances populaires et largement répandue ; elle a été retenue par tous les auteurs de recueils de contes et légendes ; elle n’a cessé d’inspirer les romanciers, les poètes et les artistes.

C’est Désiré Monnier qui, en 1818, dans son Essai sur l’origine de la Séquanie, mentionne semble-t-il pour la première fois la croyance populaire en la Vouivre. qu’il avait été amené à connaître. Il présente la Vouivre sous sa forme la plus pure : serpent ailé, elle traverse la nuit comme un trait de feu et porte au front une escarboucle qu’elle dépose sur la rive quand elle va boire ou se baigner ; celui qui pourrait alors s’emparer du joyau serait à jamais riche et heureux.


Origine du mot Vouivre

Vouivre est tout simplement issu du latin vipera : la vipère, le serpent.

Le noyau légendaire



Animal fantastique et légendaire, la Vouivre est insaisissable, aussi changeante dans sa forme et dans ses mœurs que l’inconscient des peuples et l’imagination des conteurs sans lesquels elle n’a pas d’existence. On peut cependant retenir quelques traits caractéristiques, permanents, qui forment comme le noyau de la légende.

Description



La Vouivre, conformément à l’étymologie du mot, est un serpent. Sa taille est variable, de quelques dizaines de centimètres à plusieurs mètres de longueur. Rarement pourvue de pattes, elle possède toujours deux grandes ailes de chauve-souris qui lui permettent de voler. Mais ce qui la caractérise surtout, c’est qu’elle porte au front ,soit dans une cavité du crâne, soit à l’extrémité d’une sorte d’antenne griffue, une énorme pierre précieuse d’une valeur inestimable, le plus souvent un rubis, appelé “escarboucle”, parfois un diamant, et d’un éclat tel que lorsque la Vouivre vole, la nuit, elle laisse derrière elle comme une traînée de feu. Elle dépose cette escarboucle sur la rive, qu’elle cache dans la mousse, une touffe d’herbe, ou sous une pierre, avant de boire ou de se baigner ; c’est à ce moment-là seulement qu’on a des chances de s’en emparer : alors la fortune de l’audacieux est faite. Mais si la Vouivre surprend le voleur, sa vengeance est terrible.

Mœurs

Image © lerepairedelavouivre.com

La Vouivre passe la plus grande partie de son temps sous terre. Son repaire peut être un trou qui s’ouvre à même le sol, une caverne au flanc d’une falaise, ou le souterrain d’un château en ruines. Mais elle fréquente aussi les milieux aquatiques : rivière tranquille miroitant sous les feuillages, étang paisible au milieu d’un bois, source courant sous la mousse ou s’étalant dans un bassin de pierre, parfois même fontaine en plein cœur d’un village. C’est là qu’elle va boire ou se baigner. La vouivre apprécie les lieux peu habités comme les marais, les grottes La Vouivre n’est pas un animal vagabond. Elle a ses habitudes. Ses déplacements se limitent le plus souvent à se rendre de son repaire au lieu propice à ses ébats aquatiques. Parfois, elle vole d’un donjon ruiné à un autre, ou tournoie au-dessus d’un clocher, ou se laisse aller un temps au fil de l’eau. Ses sorties sont régulières. C’est tous les soirs qu’elle surgit, à heure fixe, pour aller se désaltérer. Exceptionnellement, le cycle peut être plus long. Tant qu’on ne la provoque pas, la Vouivre n’est pas un animal dangereux. Obéissant, comme une belle mécanique, aux impulsions de sa nature, elle reste indifférente au monde des humains. Mais si l’on tente de s’emparer de son escarboucle, la bête devient soudain furieuse, fond sur l’imprudent et s’acharne sur lui avec une telle férocité qu’il est bientôt mis en pièces.

Ses origines



Il est une interprétation qui ferait remonter la légende de la Vouivre à une croyance celtique. les Celtes croyaient que les serpents, au moment du frai, fabriquaient un œuf qui possédait un pouvoir magique et servait de talisman à celui qui avait eu la chance de s’en emparer sans succomber sous les morsures. Cette théorie doit pour une large part son succès à la célébrité du roman de Marcel Aymé. En fait, il y a loin de l’“œuf de serpent” à l’escarboucle de la Vouivre. L’auteur l’a du reste lui-même ressenti, puisque, amené à se demander à quelle époque l’œuf avait pu se transformer en pierre précieuse, il donne cette réponse : “c’est tout simplement au moment où les artisans comtois se mirent à tailler la pierre de Saint-Claude” ; réponse charmante et savoureuse, mais qui n’est qu’une boutade, habile pirouette permettant à l’auteur d’éluder le problème.


Quant à savoir, enfin, pourquoi la légende de la Vouivre s’était localisée surtout dans le Jura, le problème reste entier. A-t-elle mieux résisté qu’ailleurs à cause de l’isolement des populations de la “montagne”, touchées plus tardivement par le monde moderne ? Le paysage jurassien en particulier, avec ses reculées et ses murailles calcaires, ses éboulis rocheux et ses gouffres, ses résurgences, ses cours d’eau aux rives verdoyantes, ses sombres et humides forêts, s’est-il mieux prêté que d’autres à la fixation de la légende ? On ne sait trop.



Une bien belle légende qui inspira le Loup Blanc, il y a quelques années déjà.




]


René JV pour monjura.actifforum.com, le 1er septembre 2006
Poésie "La Vouivre" © René JV - 11 février 2001
Iconographie: en plus des sites sous ©, différentes sources internet
mp3: "Bilitis" - Francis Lai



Pour me faire part de vos observations, envoyez-moi un courriel à l’adresse ci-dessous

contact@lataniere39.com

sm9

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Dernière édition par Loup Blanc le Lun 12 Nov 2012 - 17:21, édité 2 fois
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Loup Blanc
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MessageSujet: Re: La légende de La Vouivre   Ven 30 Nov 2007 - 8:41

Bonjour,

En cmplément d'informations, voici un mail reçu de Philippe Le Borgne le
28 novembre 2007.


A : lataniere-jv@wanadoo.fr
date : 28/11/07 19:46
objet : le nom perdu du serpent gaulois est la " VOUIVRE" qui n'est pas d' origine latine vipéra.

Philippe Le borgne
47 roche cintrée
29690 huelgoat
pickland@infonie.fr
http://pickland.chez-alice.fr

Pour information du nom Vouivre qui est le nom gaulois du serpent .il faut acheter le livre de Jacques Lacroix Les noms d'origine gauloise la Gaule des Dieux éditions errance 02 2007.(page 121,122,123,124)


Amitiés - René - sm9

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