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 Le travail artistique de la corne - Jeurre (39).

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Loup Blanc
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MessageSujet: Le travail artistique de la corne - Jeurre (39).   Mer 2 Aoû 2006 - 22:05

Bonjour,

A Jeurre, petite bourgade sensiblement à mi-chemin entre Saint-Claude et Oyonnax, un artisan travaille la corne. Il nous attend dans son atelier pour nous initier à son art.







Monsieur Michel Muyard nous fait découvrir sa matière première. Des cornes de bovins (vache, bœuf) mais aussi des cervidés, des ovidés et autres caprins.



en passant par des animaux de Madagascar, d'Afrique du Sud, du Nigeria, du Brésil, etc, dont il importe les cornes directement.



L'extrémité pointue de la corne est pleine. Avec cette partie, l'artisan va fabriquer des manches de couteaux, des perles, etc.
Puis dans la partie médiane de la corne, creuse, on peut exécuter des cornes d'appel (pour ajouter aux clameurs d'une coupe du monde de foot par exemple), ou des bracelets joncs, et dans la partie la plus grosse, des abats-jour, des vases, etc.
Les spécimens les plus gros peuvent être fendus, et mis à plat sous presse et à chaud, de façon à obtenir des plaques de cornes à partir desquelles on pourra sculpter broches, pendentifs, et autres sujets; mais aussi réaliser des couverts à salade, des peignes etc.

On peut dire qu'avec ce matériau on dispose d'une véritable

"corne d'abondance"

Ne faisons pas attendre notre artisan qui déjà nous attend dans son atelier.



La première opération va consister à écroûter la corne, pour venir travailler dans la matière noble. Cette opération est réalisée à l'aide d'une meule ou d'une toile émeri à gros grains sur un tampon.







Puis l'opération suivante va consister à l'aide d'un tampon équipé d'un grain plus fin à polir les traces d'usinage de l'opération précédente.

Il faut savoir à ce stade de la fabrication, que la corne est le reflet de la robe de la bête qui l'a portée. Une Charolaise aura une corne blanche, une Montbéliarde (la vache de notre Comté) blanche et brune, donnera des cornes veinées de blanc et d'acajou et enfin, une Normandie donnera des cornes blanches et noires. Il faut en tenir compte suivant l'objet que l'on se propose de réaliser.







Sur un tour à polir muni d'un assemblage de disques en cretonne tournant à vive allure, on va procèder au ponçage de la corne.



Pour cela, l'artisan applique sur la corne à poncer une sorte de pâte composée de pierre ponce réduite en poudre et malaxée avec de l'huile. Puis avec un tour de main dont il a le secret et que même la vidéo a du mal à reconstituer, Monsieur Muyard fait aller et venir cette corne sur le rouleau jusqu'à l'obtention d'une belle surface lisse et régulière.








Il ne reste plus qu'à faire briller cette matière noble et vivante par un dernier passage sur un rouleau de disques de flanelle entraînés eux aussi à grande vitesse pour leur donner par la force centrifuge, la dureté nécessaire. Une dernière matière abrasive appelée "Tripoli" du fait de son origine est appliquée sur la corne, et ce même mouvement des mains et des poignets, acquis par des années et des années de pratique, va conférer à la corne le brillant que nous lui connaissons.







Une autre facette de l'art de notre hôte consiste à sculpter à la fraise de petits sujets issus de morceaux de corne plats.
Il va réaliser devant nous la finition d'une tête de cheval qu'il a précédemment ébauchée en la découpant à l'aide d'une sorte de scie sauteuse.



Un petit tour à très grande vitesse, voir une turbine à air comprimé, va lui permettre d'entraîner des outils minuscules, des fraises de quelques millimètres de diamètre, des micro-forets de quelques dixièmes de millimètre. L'art se confond avec la micro précision, et tout cela à main levée bien sur!











Quelques réalisations de notre artisan jurassien, récompensé par le Grand Prix départemental des Métiers d'Arts - 2002.









Plusieurs dizaines d'artisans travaillaient la corne dans les années 30 du siècle passé; ils ne sont plus que trois aujourd'hui.
Un savoir faire inestimable, des connaissances chèrement acquises vont disparaitre peu à peu.
La technologie moderne ne remplacera pas le doigté de l'homme

Il me reste à remercier sincèrement Madame ert Monsieur Muyard pour leur accueil et leur démonstration.






René JV - le 2 Août 2006
Photos © René JV - 2 août 2006
Vidéos © Rémy JV - 2 août 2006


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contact@lataniere39.com

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