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 Saint-Claude au début du XX siècle (39)

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Loup Blanc
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MessageSujet: Saint-Claude au début du XX siècle (39)   Sam 2 Fév 2008 - 13:36

Bonjour,

Grâce à la collection de très vieilles cartes postales de Nobium 46, notre ami Henri, j'ai le plaisir de vous présenter Saint-Claude au tout début du XX siècle.
Je vous rappelle que je suis né en 1946, Henri également, nous n'avons par conséquent pas les repères nécessaires pour assurer l'ordre chronologique de ces photos. J'essaierai cependant lorsque cela sera possible de situer leur équivalent d'aujourd'hui.



Nous sommes à la fin du XIX, après des travaux de deux ans on termine en 1862 le Pont de Pierre (140m de long sur la Bienne). Remarquez que l'on parlait à l'époque du Mt Chabou, devenu Mt Chabot de nos jours.



lorsqu'un ouragan d'une rare violence s'abat sur la ville le 19 août 1890.



Pour vous aidez dans votre promenade, voici un plan de la ville.



Coté Valfin de l'extrémité rive droite du Pont de Pierre (Viaduc)
Actuellement l'agence des A.G.F.



Le 18 février 2008


La Place du Pré



Le Pont Suspendu n'a pas été épargné par la tourmente.





Rappelons que ce pont a été construit en 1844 pour permettre le passage des Étapes à la Place de l'Abbaye en évitant de descendre au Faubourg Marcel et de remonter la Rue de la Poyat.
Sa charge était limitée à 6 T, tous mouvements entraînant de possibles entrées en résonance y étaient interdits (Pas cadencé pour une troupe, trot pour les chevaux, etc.)
Il dura pratiquement un siècle puisqu'il fut remplacé par un pont en béton armé en 1940.





Trois vues du portail côté cathédrale du Pont Suspendu.
Les timbres à date et différentes mentions manuscrites permettent d'affirmer que ces cartes ont été utilisées en 1905.



Les portiques faisaient 17 m de haut par 10.60 m de large.
Le pont était long de 131 m, sa chaussée de 7 m de large était bordée de deux trottoirs de 1.50 m et dominait le Tacon de 50 mètres.









La place de l'Abbaye en 1898



Le monument figurant à droite de l'image fut erigé en 1889, il célèbre le centenaire de la révolution.



Le 18 février 2008


En 1910, de vaines querelles opposaient toujours les Sanclaudiens comme en témoigne la supression de cette croix, victime de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905. Cette croix s'élevait face au porche de la cathédrale.



La cathédrale vers 1920, à gauche la rue Gambetta





Sur la Place de La Halle, un hôtel accueillait le voyageur. A droite, les remises pour les attelages et les écuries.
De nos jours l'hôtel abrite un cabinet de kinésithérapie. Les remises sont toujours des garages.



Le 18 février 2008


L'octroi



Le 18 février 2008


Construction de la Banque de France



La Place Louis XI et la Grenette



La Grenette fut construite en 1839 à la place d'une ancienne église. Une aile servit un temps à accueillir La Poste, le premier étage fut aussi utilisé pour des salles de classes jusqu'à l'ouverture de l'école du Truchet en 1955. C'est aujourd'hui, le marché couvert.



En 1906, lors d'une grève des pipiers



Et un samedi matin, lors d'un marché aux fruits et légumes.



Les foires au bétail se tenaient à St Hubert et prenaient toute leur importance pour la St-Claude et pour la St-Martin. Cette vue remonte à avant 1914.



Évolution de ce quartier de St Hubert au fil des ans.



Construction de la Diamanterie



La diamanterie fondée en 1897 par Reffay, Fournier et Cie, devint par la suite la coopérative ouvrière "Le Diamant. La taille des bâtiments laisse imaginer le nombre d'ouvriers. La société fut dissoute en 1983.



Le Quartier St Hubert avant 1909 - On distingue parfaitement le pont sur la route de Chaumont, peu après Chaffardon. Cette route était la route principale vers la Suisse et Genève, jusqu'à la réalisation des lacets de Septmoncel.



Ce quartier de St-Hubert, quelques années plus tard. On remarque l'étendue du Pré St-Sauveur qui deviendra le lycée en 1969.



la Cité scolaire du Pré St-Sauveur, le 16 février 2008




Le quartier a maintenant pris de l'importance, les immeubles du fond de la Place St-Hubert ont fait leur apparition. Au Pré St-Sauveur, la ferme Paulin est déjà construite.



Le 18 février 2008


Photo de 1891 depuis la montagne d'Avignon. Notez l'absence d'arbres sur la Place du Pré suite à l'ouragan, et l'absence de maison en bordure de cette place coté Bienne.



Vue prise de la Madone du Mt Chabot, avant 1906 puisque la Madone fut démontée à cette date avant d'être érigée derrière l'école Jeanne d'Arc.



Le Quartier du Grand Plan prit corps entre 1900 et 1908, au dessus de la gare terminée depuis 1889.



Le train fut évidemment un désenclavement majeur pour la petite ville de Saint-Claude.



Remontant la Bienne la ligne de Lyon s'accroche à la montagne à Étables, quelques kilomètres avant son terminus provisoire.



L'avenue de la Gare va de l'extrémité ouest du Pont de Pierre, jusqu'à la gare.







Le 18 février 2008


Bâtiment de style P.L.M. traditionnel, la gare de belle facture fut inaugurée en 1889. Elle était alors en cul-de-sac côté Morez, la ligne venant de Lyon étant la première à toucher Saint-Claude





Il faut attendre 1912, 18 tunnels et 9 viaducs pour que la ligne descendant de Morez fasse sa jonction.



Le 18 février 2008




Le train descendant de Morez arrive en gare de Valfin



Une décénnie plus tard, en 1898, c'est un autre chemin de fer qui arrive à Saint-Claude, à voie métrique celui-là, il relie la préfecture de Lons le Saunier à la sous-préfecture de Saint-Claude.
La voie PLM s'étant octroyée la rive droite de la Bienne, c'est donc rive gauche que le tram parvient en ville après avoir traversé les gorges de La Bienne à Étables sur un pont métallique construit en 1897 et qui fut détruit en 1953.





La gare principale est construite à Mouton



Le tram se dirige vers son terminus. A droite, l'usine de pipes Delacour vers 1910.



Ce terminus de St Claude Ville est situé aux Étapes, très exactement Rue Carnot.
A la hauteur du tram, derrière la voiture à cheval, Mme et Mlle Chevassus tenaient une petite épicerie et un café. Au centre de la salle trônait un billard majestueux sur lequel, gamin, je m'efforçais de ne pas labourer le tapis.



Souvenons-nous que juste après cette courbe nous arrivons sur le pont suspendu qui bien évidemment avec sa charge limite de 6 T ne peut permettre le passage de ces convois.



Derrière la charrette, la Café Terminus tenu par Mme Soudan; A sa droite l'épicerie que j'ai connue sous la direction de Mme Bourbon accompagnée de son fils Alain et de sa fille Sylvette, jusque dans les années 1960. Derrière la locomotive, une boucherie où oeuvraient M et Mme Perrier et leur fille Christine.



Jusqu'en 1948, on put entendre siffler le tram.



La principale activité de Saint-Claude est incontestablement la fabrication des pipes en bruyère. Beaucoup d'usines emploient hommes et femmes en de très nombreux ateliers.

CJ Verguet - Maréchal Ruchon, rue Lacuzon est sans doute la plus importante avant 1914





La société A Jacquemin et Fils occupe aujourd'hui les locaux mais n'est plus concernée par la fabrication de la pipe.

A gauche la Rue Lacuzon avec au fond l'usine CJ Verguet, à droite la Rue Christin.



Ropp, sous St-Oyend, était également une marque réputée. Le bâtiment fut un temps la propriété des pipes Éva.



Fabrication de la pipe de bruyère



Un artisan pipier travaille sur un tour à pied.



Atelier d'ébauchage, râpage.



Ouvrières pipières et ouvriers pipiers.



Remarquez l'âge des enfants.





Sous le pont suspendu, était établie la société Norton, dont la direction fit construire le Pont de la Pipe sur le Tacon. Ces locaux devinrent par la suite la propriété de la coopérative ouvrière "La Pipe".



Paul Eugène Michalet, le Grand-Père de mon épouse, dans son atelier de la coopérative "La Pipe"



Qui dit pipes dit aussi tuyaux de pipes, au bord de la Bienne, au Faubourg des Moulins, la Sté P. Jeantet, manufacture de caoutchouc et d'ébonite, se chargeait de leur fabrication.



Parfois, cette haute cheminée se coiffait d'un nuage noir. Si le vent soufflait du nord, la ville était alors agréablement parfumée à l’œuf pourri.



Sortie du personnel de l'Ébonite et montée de la rue de la Glacière.



Le nombre de personnes employées pour la fabrication de la pipe était de plusieurs milliers, mais n'oublions pas qu'au début du XX siècle, Saint-Claude était aussi la capitale mondiale de la taille du diamant.





Vers 1900, 3500 à 4000 employés s'activaient à facetter le diamant; en 1939 on n'en comptait guère plus de 500, et aujourd'hui moins d'une dizaine.






Dernière édition par Loup Blanc le Mar 6 Nov 2012 - 18:42, édité 61 fois
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MessageSujet: Re: Saint-Claude au début du XX siècle (39)   Lun 4 Fév 2008 - 11:07


Le long du Tacon, de l'Abîme et de la Bienne, d'où l'on tirait la force motrice, se sont établis de nombreux ateliers d'artisans.
Du confluent de La Bienne et du Tacon, jusqu'au Pont du Gaz, s'étend le quartier du Faubourg Marcel.









Très industrieux et populaire, ce quartier était jusqu'à l'ouverture du Pont Suspendu en 1848 la principale voie d'entrée à Saint-Claude.
De nombreux commerces, des relais pour les chevaux et l'octroi se répartissaient tout au long de la Rue du Faubourg Marcel.



Mais du fait de son implantation au plus près des rivières, ce quartier subit de plein fouet les fameuses inondations de 1910.





Le Pont du Gaz édifié en 1878 fut remplacé par un pont en béton et l'usine Hecht fut rasée en 1976.



Le 30 juin 2007


Après avoir traversé ce quartier animé, on franchissait le Tacon par le pont du Faubourg, édifié au XIII siècle, un des plus vieux ponts de la ville, sans doute.



Le confluent de La Bienne et du Tacon



Le pont égout de 1911 - le 18 février 2008


C'est par ce pont, reconstruit en 1911, que l'on gagnait la Rue de la Poyat, terreur des attelages du fait de sa rampe.





Notez les trottoirs en escaliers.



A peu près à mi-côte s'ouvre, à gauche en montant, la Place des Carmes. Ce lieu va subir de sérieux bouleversements jusqu'au début du XXI siècle.
Disparition du Café de la Place en 1983, de la salle des ventes en 1984.
Vaste opération d'urbanisme à la fin des années 1980 avec création d'une place semi-piétonne en 1989. L'Agence pour l'emploi succède à la fabrique de pipes à gauche en pénétrant sur la place.



Le 18 février 2008


La Ruelle des Carmes qui débouchait sur la Places des Carmes par le Passage de la Pomme d'Or, à gauche des trois femmes de la photo précédente..





La chapelle des Carmes
La chapelle est ici coiffée d'une coupole en structure métallique tubulaire, cette disposition étant très critiquée par les Sanclaudiens, elle fut au début du XXI siècle remise en son état d'origine avec une véritable charpente en épicéa recouverte de cuivre.



Le 18 février 2008


Profitons de notre présence sur cette place pour indiquer que bien des années plus tard, elle sera un lieu de passage vers la gare PLM lorsque les travaux de construction du Pont Central, ou Pont Payant seront terminés.





La Société des Nouveaux Ponts et Quartiers de St-Claude, créée en 1908 pour établir la liaison était une société privée. C'est donc par l'instauration d'un péage qu'elle entendait rentrer dans ses fonds. Le Pont Central fut payant jusqu'en 1961 date de son rachat par la ville.







Essais de charge sur le pont nouvellement construit, en 1910







Le 18 février 2008


Le péage du Pont Central, peu avant sa suppression.



Reprenons l'ascension de la Rue de la Poyat où nous l'avions laissée. Après le carrefour avec la Rue Neuve, ou Rue Antide Janver, sur notre gauche apparaît le porche de la Coopérative "La Fraternelle". A gauche du porche se tenait le Café de La Maison du Peuple.



Toujours à La Maison du Peuple, le bureau du Journal "Le Jura", principal organe hebdomadaire du mouvement ouvrier jurassien.



De l'autre côté, se trouve, en totale harmonie avec l'esprit socialiste qui baignait cette cité industrieuse au début du XX siècle, la Pharmacie Mutualiste. Elle fut ouverte le 1er janvier 1908.



Nous arrivons à la Place du Coin où dès 1902 brilla le premier éclairage public électrique à Saint-Claude.
A l'angle de la place, la Pharmacie Centrale qui existe toujours de nos jours, sous la direction de Mme Juillard.



A notre droite en remontant le sens interdit de nos jours, nous parcourons la Rue du Marché qui s'est aussi appelée Rue du Président Wilson.
A gauche l'Épicerie Parisienne était presque la grande surface de l'époque,
à droite la boulangerie Bonneton.



Toujours boulangerie de nos jours, à l'enseigne de "La Bonne Brioche".



A droite en montant, s'ébauche la Rue Mercière, qui conduit directement à la Grenette.



A droite de cette photo, mais en dehors du cadre, le magasin Augey qui subsistera avec très peu de modifications jusqu'à la fin des années 1980. Il faisait l'angle de la Rue du Marché avec les escaliers St-Romain qui menaient à l'école de garçons du centre.



La Montée St-Romain.
Au fond en haut, l'école de garçons du Centre.
Cette montée fera l'objet d'un complet réaménagement dans les années 1990 avec une cascade qui remplace la fontaine.



Des arcades qui font un petit clin d'oeil au passé espagnol de la Franche-Comté.
Des mentions manuscrites sur cette carte postale permettent de situer son usage en 1903.
On trouve ici, les plus vieilles maisons de la ville.
La petite rue qui serpente à gauche de la photo conduit à la Place du Château.



La Place du Château.
Les maisons, au fond de la place ont servi d'Hôtel de Ville.





Cette Rue Mercière appartenait au Couvent. Nombre de ses habitants y tenaient échoppe, et chose toujours d'actualité de nos jours, ils avaient l'autorisation d'ouvrir leurs boutiques le dimanche.



Revenons à la Rue du Marché, dans le sens descendant cette fois, tout de suite à l'angle de la Place de l'Abbaye. A gauche de la photo l'actuel Mauden Bar.(Ancien Café Lançon)



Repartons maintenant de la Place du Coin. Sur notre gauche s'ouvre la rue principale de la ville, la Rue du Pré.



Cette même Rue du Pré le jour de l'enterrement du Maire Henri Ponard
Le magasin fermé à la droite de la photo serait aujourd'hui, la pâtisserie Musy.



La future pâtisserie Musy.





Dans les années 1920



Au premier tiers de la Rue du Pré, dans l'actuel sens de circulation, se cache, à droite, au fond d'un couloir anonyme, le Passage des Quatre-Vingts. Il s'agit d'un escalier de 80 marches qui relie la Rue du Pré à la Rue du Collège.



La Rue du Pré, côté nord.



Côté nord la Rue du Pré débouche sur la Place Denfert-Rochereau.





En 1930, on affubla cette place d'un édicule en béton armé appelé Pavillon de l'Essi car dédié au syndicat d'initiative.



Dans l'axe, la Rue du Pré se prolonge par l'Avenue de Belfort, bordée sur sa gauche par la Place du Pré (Place du 9 avril 1944).

Tout de suite à droite à la fin de la Rue du Pré, le magasin "A la ville de St-Claude" occupait l'emplacement de l'actuel Calipage, magasin de fournitures de bureau.



Le 18 févier 2008



Juste à côté, à l'angle de la Rue Lamartine, se trouvait l'Hôtel du Commerce.



Devenu par la suite le Nouvel Hôtel. Transformé en clinique privée le bâtiment fut finalement démoli pour faire la place à un immeuble d'habitation avec une agence bancaire du Crédit Mutuel au rez-de-chaussée.



On peut se faire une idée du standing de l'hôtel par les deux photos d'intérieur ci-dessous.





Le 18 février 2008


Après la Rue Lamartine, un ensemble de constructions prouve l'esprit pratique de l'époque.
à droite, la gendarmerie construite en 1813,
au centre, le Tribunal édifié en 1854, et
à gauche, la prison également construite en 1854.
Comme cela, pas de grands transferts d'une administration à l'autre.



Le 18 février 2008


L'Avenue de Belfort et la Place du Pré.



Souvenez-vous de la Place du Pré au tout début du siècle qui n'avait pas de construction côté rivière. Cet état de chose devait vite changé par l'édification des gratte-ciel sanclaudiens. La différence de niveau entre la place et la rivière permit la construction d'immeubles de 10 à 12 étages.



Quelques années après...


Le 18 février 2008


Dernière édition par Loup Blanc le Mer 20 Fév 2008 - 12:19, édité 22 fois
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MessageSujet: Re: Saint-Claude au début du XX siècle (39)   Mer 6 Fév 2008 - 2:14


Avant ces constructions, la place se terminait sur le quartier dit de "Beau Rivage". A droite l'ancien gymnase de l'Indépendante, transféré plus tard aux Étapes.



La nouvelle voie desservant ces immeubles devint le Boulevard de la République, il longe la Place du Pré côté ouest. Au fond, la Poste qui ferme la perspective fut construite en 1902, rehaussée en 1929/1930.



A droite de la photo précédente on commençait à apercevoir l'ancien Monument aux Morts de la Première Guerre Mondiale dressé au dessus des "Bains-Douches" en 1924.
Ce monument comporte 408 noms.
Ce monument fut démoli et remplacé par un monument aux morts de toutes les guerres à l'entrée du Parc du Truchet en 1972.



Le 18 févier 2008 - Bustes de Voltaire et Christin - Entrée du Conservatoire de musique


Et comme si le tribut n'avait pas été assez important, face à ce monument, sur la place du Pré, le 9 avril 1944, les"nazis" déportèrent 302 hommes dont 186 ne rentrèrent pas.

gravure d'époque de M Brando Moro - l'original est en salle d'honneur de la Mairie



Toujours sur le côté droit de l'avenue de Belfort on arrivait au Grand Hôtel de France.



Déjà, avant 1900, l'établissement avait un grand Chef, M Pommey. Le restaurant du 1er étage était remarquable. Je me souviens y avoir fait mon repas de 1 ère communion.
De grands salons permettaient l'organisation de bals recherchés.
Mais il faut aussi se souvenir qu'en 1944, c'était la Kommandantur fréquentée alors par le sinistre Klaus Barbie.









A peu près au niveau de l'Hotel de France, l'avenue de Belfort bifurque légèrement sur la droite en s'élévant au dessus de la bordure orientale du Parc du Truchet.

A gauche s'ouvre la place Voltaire par laquelle on accède au Pont de Pierre et à la rue de La Glacière.



Au fond de cette place, s'élevait la statue de Voltaire dont le bronze partit en Allemagne lors de la guerre de 39-45.
Voltaire, presque voisin, puisque résidant à deux pas de Genève, à Ferney-Voltaire, s'est beaucoup impliqué avec l'avocat Christin alors maire de St-Claude pour faire cesser le droit de Mainmorte imposé par l'Abbaye à ses serfs. Sans succès toutefois, c'est la déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui en 1789 mit fin à cette servitude.



Le 18 février 2008


Et enfin on pouvait se promener, se détendre ou écouter les sociétés de musique et autres harmonies locales dans le magnifique parc du Truchet.





Aujourd'hui ce parc a perdu ses plus beaux arbres rendus dangereux par leur grand âge, mais surtout il a été amputé d'une grande partie de sa surface par la construction d'une école en 1954, et d'une crèche en 1974.



Le kiosque a très mal vieilli, une souscription est en cours pour sa réhabilitation.



Le 18 février 2008


Au fond de la vallée, le Pont d'Avignon fut le premier à franchir la Bienne.
Il a été construit au XIII siècle par des moines pontifes de St-Bénézet, ceux-là mêmes qui construisirent le célèbre pont où "l'on y danse tout en rond".





Le 18 février 2008


Dernière édition par Loup Blanc le Mer 20 Fév 2008 - 12:22, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Saint-Claude au début du XX siècle (39)   Mar 19 Fév 2008 - 1:28

Au-dessus de l'avenue de Belfort, à hauteur du Truchet on arrive place Christin.



Sur cette place, une première école maternelle fut édifiée en 1890, remplacée par celle de la photo qui finalement fut détruite en 1973 pour laisser place à un ensemble plus moderne.
L'église du Sacré-cœur date, elle, de 1923. Ces constructions témoignent de la vitalité de ce que l'on appelait à l'époque les quartiers "nord"



Poursuivons notre retour vers la Cathédrale, à l'angle de la rue du Collège et de la rue Rosset se dresse depuis 1897, le bâtiment de l'ex-Caisse d'Épargne aujourd'hui Centre Communal d'Action Sociale.




Quelques dizaines de mètres plus loin on arrive au collège.
Ancien couvent des Capucins, il fut racheté par la ville comme bien national en 1791. Ces locaux furent par la suite transformés en collège pour remplacer un établissement trop petit et vétuste situé au bout de la rue du Pré.



Le pont de la Rochette qui enjambe la rue Rosset juste avant le collège a été lancé en 1896.



Ce collège comptait une section industrielle, elle formait principalement des mécaniciens et des menuisiers.



Juste avant la guerre de 1914, on jugea les locaux mal adaptés et l'on entreprit la construction d'un nouvel établissement. Ces travaux durèrent du fait de la guerre de 1917 à 1923.



On obtint finalement un bâtiment assez proche de ce qui est encore de nos jours le CES Rosset.



En continuant notre promenade à travers la ville, on trouve l'école de garçons du Centre, en haut de la Montée St-Romain dont on a vu l'esquisse tout à l'heure. Les maisons perpendiculaires à la cour bordent la rue des Ecoles, une vingtaine de mètres en contrebas.
Quand on dit que pour visiter St-Claude il faut un plan en 3D....



A gauche, dans la rue Rosset, peu avant son débouché derrière la cathédrale, une ruelle fort en pente dessert quelques habitations, c'est le passage du Bugnon.



A l'extémité de la rue Rosset s'élevait l'hôtel de l'Écu de France vu ici après un incendie.



Le collège dont on vient de parler étant essentiellement masculin, on édifia pour les filles, l'école supérieure de jeunes filles. Cette construction se fera à la place de l'hôtel, entre la rue Rosset à droite sur la photo, et la rue Gambetta, d'où arrive la voiture au premier plan, elle s'échelonna de 1904 à 1907.




La rue Rosset, la place Jacques Faizant, la rue Gambetta. 16 février 2008.


Abandonnée à l'ouverture du lycée du Pré St-Sauveur en 1969, le mur en bordure de rue fut abattu, la cour fut baptisée place Jacques Faizant en 1991. Les bâtiments sont affectés, à gauche au musée de la pipe et du diamant, et en face, à la bibliothèque municipale.



La Sous-Préfecture occupe les locaux de l'infirmerie de l'abbaye, juste à l'abside de la cathédrale.

Le palais abbatial qui est en train de devenir le musée d'art Bardone-Genis était habité par l'évêque qui quitta la ville épiscopale au bénéfice de Lons le Saunier où il prit résidence par commodité.



A gauche de la Sous-Préfecture, un chemin très pentu, la montée de la Pierre, rejoint l'hôpital une cinquantaine de mètres en contrebas de la place de l'Abbaye.





L'hôpital vu depuis le pont suspendu.
Notez les bâtiments en bordure de rivière, ils appartenaient à la Sté Vve Léon Jacquemin-Verguet et abritaient une usine de fabrication de viroles et bagues pour pipes, puis de décolletage. C'est l'entreprise que je fus appelé à diriger.



La même entreprise. On peut dater la prise de vue d'avant 1927 date à laquelle un second bâtiment fut accolé à gauche de celui existant et qui remonte, lui, à 1902.



Le véhicule de livraison de l'entreprise Jacquemin-Verguet vue rue du Collège.



La Cueille du haut et celle du bas, voici une belle façon de dénommer la Montée de la Cueille ( celle du haut) qui était la route vers la Suisse, par Chaumont, avant l'ouverture des lacets de Septmoncel. Elle passait devant l'école Jeanne d'Arc, une école primaire privée fondée en 1879. C'est derrière cette école que fut réinstallée la statue de la Madone dont nous avons déjà parlé.
La Cueille d'en bas, aujourd'hui route de Genève dessert le quartier de St-Hubert et conduit aux lacets de Septmoncel et à la route de Bellegarde vers la Savoie.



On retrouve, à Chaffardon, la route de la Suisse par Chaumont.



Chaffardon, le 16 février 2008



Après Chaumont cette route dessert les fermes du Pontet



et arrive chez moi à la Mainmorte où un pont en maçonnerie lui permet de traverser le Gros Dard. (le ruisseau qui forme la cascade de la Queue de Cheval)



Revenons à ce qui est aujourd'hui la véritable route de Genève,





Après avoir traversé St-Hubert elle arrive au lieu dit Rochefort. Là s'embranche sur sa droite la route de Bellegarde et des Savoies qui traverse le Tacon sur un pont en treillis métallique.



Ce pont remplace depuis 1905 un pont suspendu plus ancien, il sera à son tour démoli pour permettre l'édification en 1975, d'un ouvrage en béton précontraint plus adapté au trafic actuel. La carte est datée de 1904.



Puis cette nouvelle liaison vers Genève réalisée de 1835 à 1838 à l'instigation de Désiré Dalloz, député du Jura et Maire de Septmoncel s'enfonce résolument dans les gorges du Flumen avant de s'en extraire par les fameux lacets.




Encore quelques aspects de l'activité artisanale et industrielle à Saint-Claude à des dates indéterminées.

L'usine de lapidaire Émile Dalloz, sous le Pré.



Le 18 février 2008


Les usines de pipes de la Coupe, sous la Poste.



Le 18 février 2008


La Boullu Cap, une fabrique de casquettes



Un atelier de façonnage de cartons, la cartonnerie Jahier à la patience.



Et toujours quel que soit le quartier, un café attend ses clients.



Mais le temps a passé depuis l'ouragan de 1890, un bon demi-siècle. La vie aussi commence à changer, le Pont Suspendu presque centenaire n'en peut plus, et l'on commence vraiment à penser à le remplacer par un ouvrage plus moderne, plus large, d'une charge utile plus confortable.

En 1938, après avoir fait le choix d'un ouvrage en béton armé constitué d'une voûte enjambant toute la vallée du Tacon, on commença à construire un gigantesque échafaudage de bois, haut de 50 mètres et long de plus de 120 mètres.





Curieusement, c'est une entreprise d'Amiens, qui fut chargée de l'édification de cet échafaudage.



Sur 220 tonnes d'armature en acier, on coula du béton pendant 25 jours du 14 juin au 7 juillet.





Puis l'on commença la démolition du Pont Suspendu le 14 juillet et le nouveau pont fut ouvert à la circulation en décembre 1939, alors que les garde-corps définitifs n'étaient pas encore en place.
L'inauguration officielle eut lieu le 10 mars 1940, alors que les bruits de bottes inquiétants et la débâcle faillirent le renvoyer au néant pour raisons stratégiques.

Heureusement il n'en fut rien et ce pont nous emmène tout droit dans la seconde moitié de ce vingtième siècle.





Je vous invite à lire la suite de la vie passionnante de cette cité dans l'ouvrage de Jean-Pierre Bouvard, " Mes années cinquante à Saint-Claude"









René JV pour monjura.actifforum.com, le 6 février 2008
Photos contemporaines: © René JV - février 2008
Photos: © Rémy JV - 15 juillet 2008
Recherches et documentation: © Sylviane JV
mp3: Adagio - Albinoni

la lecture des ouvrages suivants m'a apporté les renseignements historiques nécessaires à la réalisation de ce sujet:

Saint-Claude, au fil des rues et des ponts, de Véronique Rossi,

Le Haut-Jura oublié de Daniel Chambre,

Images et chroniques du Haut-Jura de Michel Bailly

Saint-Claude, lumière du Ht-Jura d'Armand Spicher.

Je remercie ici, bien vivement, leurs auteurs.

Pour me faire part de vos observations, envoyez-moi un courriel à l’adresse ci-dessous

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Saint-Claude au début du XX siècle (39)

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